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dimanche 11 janvier 2026

À ma tante Marie-Lourdes

 


Tu t’en es allée un 24 décembre

Dans la sérénité et le silence de ta chambre

Après quatre-vingt-quatorze hivers

Il était temps de changer d’horizon

 

Tu avais assez vu cette chambre

Où depuis des jours tu espérais

Cette issue finale tant espérée

Partir sans fracas ni tempête

 

Tu savais qu’un moment viendrait

Où ta vie devait s’effacer

Toi tante aimante et humble

Où ton regard pointait déjà dans l’au-delà

 

Tes deux filles et ton fils

T’ont rendu un ultime hommage

Nous les neveux et nièces

Avons échangé des souvenirs

 

Maintenant tu as atteint un autre rivage

Tu nous regardes maintenant de haut

Tu as fermé ton terrestre livre

D’autres pages s’ouvriront là où tu es

 

Rien ne presse maintenant

Merci pour ta présence tranquille

Maintenant tu as changé de décor

Tu vivras dans nos souvenirs

mardi 16 septembre 2025

Il n’y a que l’amour qui compte

 


Ce matin je croisai cet arbre

Qui déjà comprend que l’automne

Se pointe le bout du nez

 

Une chose m’apparaît évidente

C’est l’importance de l’amour

Il n’y a que cela qui compte vraiment

 

Cet amour tant recherché

Cet amour tant chanté

Cet amour de tout être vivant

 

Hélas tout s’efface,

Les jours, les saisons,

Les voix qui passent.

 

Reste une braise,

Dans l’ombre et la lumière

Qui éclaire nos pas fragiles

 

Les richesses s’éteignent

Les gloires se dissipent

Les certitudes se brisent

 

Mais un regard

Une main posée

Un souffle partagé,

Voilà l’amour qui compte

 

dimanche 20 juillet 2025

Belles de jour

 

Juste te contempler me suffit

Oui t’admirer seulement

C’est déjà le plus beau poème

Mes vers deviennent inutiles

 

Si malgré tout j’écris

C’est pour crier ta beauté

Toi qui ne me demandes rien

Sinon un frisson passager


 Un seul jour vous suffit

Pour me troubler

Pour chérir l’éphémère

Avec un goût d’éternité


Mais l'humain que je suis

Témoin du chaos actuel

Retrouve la sainte paix

Quelques instants auprès de toi

Parfois on cherche au loin

Alors que la beauté est là

Tout près de soi

À peine ouvrir les yeux 


Ta beauté éphémère

M'indique que l'instant suffit

Savourer cet instant de grâce

Me suffit tout simplement présent

Hélas bientôt vous ne serez plus là

Telle une ami qui se meurt

Devant l'inévitable destin

D'une vie si éphémère


Mes yeux se tourneront

Vers d'autres horizons

Sachant que d'autres splendeurs

Ne demandent qu'à être contemplées


Un sentier un détour un lac à travers les branches

Tout peut émerveiller mes yeux

Me faire oublier le chaos actuel

Savourer la sainte paix tout simplement






mercredi 2 juillet 2025

Romuald et son karma

 


Une religieuse lui doit son nom

Une sœur de son père consacrée

L’aîné d’une dizaine d’enfants

Avec un père invalide plus tard

 

Trop tôt dans sa jeune vie

Pour porter le fardeau des tâches

Lui qui aurait voulu un autre destin

Assuma trop tôt une lourde charge

 

Adieu une enfance insouciante

Où il aurait pu rêver de liberté

Mais non une seule loi l’attendait

Le travail harassant loin des jeux

 

Heureusement d’autres frères

Vinrent prêter main forte

Eux aussi avides d’un autre destin

Sans avoir le temps de rêver autrement

 

Et plus tard il fonda une famille

Et écoula des jours plus lumineux

Il quitta cette terre avant d’être

Octogénaire





vendredi 30 mai 2025

La conquête du moi

 


Toute une vie à conquérir ce moi

Ce moi qu’on pense connaître vraiment

Un peu comme une maison construite

Par d’autres au fil de toutes ces années

 

Marjo nous chante qui es-tu

Moi je me demande qui suis-je

Une illusion construite par ma société

Si cette fondation était un mensonge

 

Je connais bien ce moi corporel

Encore qu’il me cache ses secrets

Mais l’autre moi qui guide mes pas

Chaque jour, chaque année, chaque décennie

 

Ce véritable moi que mon corps abandonnera

Celui que je dois épousseter chaque jour

Sera-t-il fusionnel avec l’autre moi véritable

L’intemporel, l’éternel, bref le moi véritable


dimanche 11 mai 2025

Souvenirs d’une mère

 



Quand je pense à notre mère

Cette Florence toujours souriante

Qui nous dorlotait du matin au soir

Qui aimait d’un inconditionnel amour

Toute sa nombreuse et turbulente tribu

 Qu’elle avait enfantée au fil des ans

 

Que des heures de travail et de tendresse

Que de souffrances camouflées

Que de va-et-vient imposés à ses pauvres jambes

Pleines de varices et de callosités

 

Notre mère Florence joyeuse et espiègle

Qui savait trouver le rose où le noir gisait

Qui faisait la sourde oreille à l’ingratitude

Qui jamais ne se lamentait sur son sort


Notre mère que la vie a mise à rude épreuve

Notre indispensable mère irremplaçable

Tu nous manques cruellement

Tu vis dans nos souvenirs

Jamais nous ne t’oublierons

Non jamais

Jamais 

samedi 5 avril 2025

Une île rêvée

 


(Poème inspiré par l’œuvre de Lucette Breton : Santorini)

 

Il y a de ces jours

Où moi aussi

J’aimerais me réfugier

Sur une île

 

J’irais y chercher la sainte paix

Découvrir qui je suis vraiment

Balayer de mon être les mensonges

Dont la société m’a abreuvé

 

Comme ces deux femmes

Sur l’île de Santorini

Je ne penserais à rien

Oui à rien à rien

 

Je sais qu’il n’est pas facile

De s’extirper de sa civilisation

Le poison du doute veut te suffoquer

Mais qui sait

Un être nouveau renaîtra

 

Plus libre que jamais

Moins librement arbitré

Plus conscient de son unicité

Moins esclave de sa société

Plus dans sa véritable réalité


mardi 25 mars 2025

De l’ombre à la lumière

 


(Poème inspiré par l’œuvre de Claire Bélanger : L’épuisement)

 

Oublie les bruits de ta civilisation

Oh poète

Contemple devant toi

Cette femme épuisée

 

Derrière elle une nature verdoyante

Qu’elle n’ose plus regarder

Tellement elle deviendra

Éphémère

 

Qui lui donnera la force

D’espérer malgré sa désespérance

Les forces de l’ombre

Ennuagent sa planète

 

Relève-toi et jette ton regard

Vers le ciel

Y verras-tu dans la nuit

Une étoile filante

 

Tu réaliseras

Que tu es cette étoile

Découvre en toi

Toute ta luminosité

 

Peut-être te retourneras-tu

Pour contempler le bleu du ciel

Et espérer un jour nouveau

Et retrouver ta joie de vivre

 


lundi 17 mars 2025

Le laboureur de rêves

 


Notre Guy

Dans sa chaumière

Construit

Des rêves


Si ton inspiration

Dis-moi un jour

Venait

À disparaître


Quand tes mots devenus vides

Et décousus

Irais-tu dans tes sentiers

Chercher une muse


Si l’imaginaire

N’est plus

N’éclosent plus

Les intuitions


Même les rimes

De tes poèmes

Hélas perdus

En flaques stériles


Notre Guy

Dans ton Bic natal

Es-tu déchiré

Par les regrets


Si ton inspiration

Revenait un jour

Je te lirais avec délice

Dans mon coin de pays


Je sais Guy

Que ta Muse

Ne quittera pas le troubadour

Que tu es


Mais si tu doutes

Dis-toi que ton frère

Sera là pour croire

En ton talent de poète


Va et continue

À jeter tes mots

Pour le plus grand délice

De ces âmes assoiffées


Guy continue

À labourer tes rêves

 


vendredi 14 mars 2025

Âgé ou vieux

 


Le poète écrit ces vers au masculin

Il aurait pu le faire aussi au féminin

 

L’âge nous amène à la retraite

Cela n’est pas synonyme de vieillesse

 

Le retraité n’a pas le choix de son âge

Il peut refuser d’être vieux

 

L’âgé voyage et fait du sport

Le vieux reste assis et se repose

 

L’âgé a des amis et donne de l’amour

Le vieux égrène jalousies et rancœurs

 

L’âgé programme des projets futurs

Le vieux est nostalgique de son passé

 

L’agenda de l’âgé comprend surtout des lendemains

Celui du vieux ne contient que des hiers

 

L’âgé apprécie les jours à venir

Le vieux souffre du peu de jours restant

 

L’âgé accueille avec tendresse les enfants

Le vieux grogne parce qu’il est dérangé par eux

 

L’âgé savoure chacun de ses plats

Le vieux critique toujours sa nourriture

 

L’âgé gère avec humour ses finances

Le vieux a peur de manquer d’argent

 

L’âgé dort bercé par des rêves

Le vieux est réveillé par des cauchemars

 

Le retraité peut choisir

Être âgé et l’assumer

Ou

Être vieux et grogner

 


mardi 11 février 2025

Pour ne pas t’oublier mon frère

 


Lors de cette nuit de la Saint-Valentin

Tu t’es envolé paisible et sans bruit

Toi l’incarnation de l’amour même

Tu ne pouvais ne pas choisir un meilleur jour

 

Tu t’es éteint sans bruit sans vouloir déranger

Tu as laissé aller ton lourd fardeau

De cette souffrance qui rongeait ton corps

Usé par toutes ces années de durs labeurs

 

Dans ce nouveau monde où tu fus projeté

Te reste-t-il des souvenirs de ta vie terrestre

Dans cette nouvelle dimension où tu vis

Brûle-t-il un feu sacré que rien ne restreint

 

J’ose imaginer que tu sèmes autour de toi

Des graines de joie et des anecdotes

Qui font rire des êtres connus jadis

Sur cette terre que tu aimais tellement