dimanche 25 octobre 2026

La dureté du mental

 


Dernièrement le Québec tout entier a pleuré le départ vers une autre contrée mystérieuse  de cet acteur qui a fait rire tout le Québec avec ses répliques loufoques. Cependant il y en a une sur la laquelle je voudrais m’attarder : «La dureté du mental.» Il y a dans cette expression une vérité profonde.

Le mental est cette boussole qui guide notre vie, mais hélas on ignore trop souvent cette petite voix intérieure qui ne demande qu’à être écoutée. Nous connaissons toutes et tous dans nos trop courtes vies des personnes qui ont cru par la force du mental se sortir de situations sans issue apparente : maladie, divorce, décès d’un être cher, faillite, etc.

Martin Larocque nous a entretenus dernièrement sur les étapes pour faire de sa vie sa vie. Un autre couple a témoigné de leur vécu face à un cancer foudroyant. Je suis bien placé pour en témoigner moi qui ai accompagné pendant plusieurs mois mon fils aux prises avec un cancer foudroyant lui aussi.

Comment s’en sortir? Dans mon cas ce fut la prise de conscience que je suis un être multidimensionnel. Il ne faut pas laisser les agitations de l’âme prendre le dessus. Se noyer dans les émotions n’amène pas la lumière. Il faut se reconnecter à sa source. Je ne dirais pas la dureté du mental, mais la prise de conscience de notre dimension supra-mentale qui est constitutive de notre êtreté.

L’intelligence est la seule lumière qui allume la noirceur. L’humain est un être de lumière. Vous qui me lisez, vous le savez, mais le doute s’empare de vous, car pendant toute votre vie on n’a pas osé vous dire que l’être le plus important c’est vous, qu’il faut se donner ses propres réponses, que vous êtes intelligents. Alors la famille, l’école, la collectivité nous a façonné, nous a dépossédé et nous avons oublié de tout remettre en question et de nous donner nos propres réponses. La conscience est une fenêtre sur l’invisible. Un jour viendra où on retournera à notre source.

Il nous faudra bien un jour admettre que le cerveau n’est qu’un récepteur radio et que les ondes qu’il capte proviennent de la réalité multidimensionnelle d’un univers supra-matériel. Cette constatation devrait atténuer un peu la dureté du mental.

 

vendredi 16 octobre 2026

Le mettre au monde pour ça

 


Je suis une de ces mères russes

Je pourrais l’être d’un autre pays

Mon indignation serait la même

Une incompréhension totale

 

Porté un garçon pendant neuf mois

En prendre soin dès sa naissance

Passé des nuits à veiller sur lui

Veillé à son confort tous les jours

 

Le voir partir faire la guerre

Une stupide guerre décrétée

Par ce sanguinaire dictateur

Qui veut agrandir son empire

 

Un bel avenir s’ouvrait devant lui

J’aurais pu bercer mes petits enfants

Il laisse une veuve éplorée

Et mes nuits d’insomnie

 

Un passage terrestre si court

Le finir dans une tranchée

Abattu par un drone

Recevoir quelques roubles

Comme prix de consolation

Et ne plus revoir à jamais

Celui que j’ai mis au monde

 

Qui sèchera mes larmes

Qui m’aidera à croire

À espérer

À survivre

Tout ça pour ça

 

 

dimanche 27 septembre 2026

Nostalgie automnale

      

Non ce ne sera pas toi

Intelligence artificielle

Qui m’écrira ce poème

Non surtout pas toi

 

Que sais-tu des émotions

Que je ressens en contemplant

Ce petit sentier enjolivé

Par ces couleurs automnales

 

Près de là il y a ces pierres tombales

Qui me plongent dans une profonde nostalgie

Je pense à celle que j’ai tant aimée

Qui n’habite que mes souvenirs

 

Non artificielle intelligence

Tu n’es pas capable de comprendre

Cette émotion qui m’envahit

Idiote machine envahissante

 

Incapable es-tu de verser une larme

De saisir toute ma peine

Moi marchant seul dans ma Beauce natale

M’extasiant devant ce décor automnal

 

Que sais-tu du temps de mes amours

Qui peut te révéler ces souvenirs

Qui m’habitent et me font verser

Ces jadis gouttes de bonheur

 

Non idiote invention humaine

Ce n’est pas toi qui traceras

La route de mon destin

Cela m’appartient

 


mardi 16 juin 2026

Les yeux de Mona

 


Je viens de terminer la lecture du roman de Thomas Schlesser dont le titre est Les yeux de Mona. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, il y a certains romans qu’on quitte avec nostalgie une fois rendu à la dernière page. Ce fut le cas avec ce roman. Mona avec son grand-père visite 52 chefs d’œuvre. Vraiment une initiation à la beauté.

 

Rendu à la page 475, l’auteur vient vraiment me chercher, moi qui adore écrire et réfléchir et poétiser sur la condition humaine. Je vous mets ici sous forme de vers ces quelques phrases qui viennent de me bouleverser, mais tellement authentiques.

 

On croit que grandir

C’est accumuler des gains

Des gains d’expérience

De connaissance

Des gains matériels

 

Mais c’est un leurre

Grandir c’est perdre

Vivre sa vie

C’est accepter de la perdre

 

Vivre sa vie

C’est savoir

Lui dire au revoir

À chaque seconde

jeudi 11 juin 2026

Ton éphémère destinée

 


Dans la finitude de mon être

S’élève une sourde émotion

Qui vient d’une zone cachée

Qui tend à se révéler

 

Trop longtemps tenu dans l’ombre

À l’aube d’un printemps hâtif

Comme une brume matinale

Elle se dissipa discrètement

 

Qu’est ce que la vie m’envoyait

Qu’aurais-je à déchiffrer

Aller au-delà du visible

M’ouvrir une porte sur l’essentiel

 

Ne rien prendre pour acquis

Même pas les jours les mois

Tout peut basculer si vite

Tout devient si relatif

 

Cherche en toi l’essentiel

Cherche ailleurs que le dérisoire

Même si ce dérisoire a fait

De toi l’être que tu es


jeudi 30 avril 2026

L'intrus

 


Qui t’a donné la permission

Certainement pas moi

Qui d’autres

Avoue

 

Je suis à recevoir le venin

Pour t’extirper

Pour te bannir

Insidieuse bête

 

Mon corps tremble

Il te rejette

Je suffoque

Tu te ris de moi

 

Combien de temps encore

Je veux te sortir de mon corps

Les jours défilent

Tu es encore là

 

Par la fenêtre je regarde

Cette nature qui se réveille

Mais toi tu sommeilles

Dans mon corps endolori

 

Combien de temps encore

Ah si je le savais

Ne me demandez pas de sourire

J’en suis incapable

 

vendredi 10 avril 2026

Philippe, cinquante ans

 


Philippe

Cinquante ans déjà

Déjà très loin ton enfance

Et ton adolescence

Un demi-siècle déjà

 

Tes doigts ont tapé

Des milliers de codes

Des bogues se sont évanouis

Grâce à ton expertise

 

Des rues ont été arpentées

Lors de tes nombreux voyages

Des cris de joie à chaque but

De ton club préféré

 

Toi l’analyste des profondeurs

Tu entends le murmure des archétypes

Qui modèlent trop nos destinées

Toi en quête d’authenticité

 

Cinquante ans

C’est un nouveau départ

Un nouveau défi

Qui te mènera encore plus loin

Qui te permettra de devenir

Pleinement toi

mardi 17 mars 2026

À Guy — pour tes 78 ans

 


Frère, l’heure est venue où je pulse quelques vers

Une fois de plus je veux que mes mots

Traversent ce rang du Bic

Pour t’apporter ma complice amitié

 

Tu vis dans ce rang depuis tant d’années

Cette école devenue ta maison

Symbolise ta vaste culture

Où tes mots sont des étincelles

 

Il m’est venu lors d’une visite

De contempler ces champs ouverts

Vers ce grand fleure propice

À la création et à la contemplation

 

Tes livres et tes vers se confondent

Dans ton être rêveur comme des compagnons

Inséparables cherchant à quelque part

À repousser les limites de l’ignorance

 

Toi mon frère tu rejettes les frontières

Ce n’est pas par hasard si tu vis

Près de ce grand fleuve qui t’ouvre

Sur ton monde sans frontières

 

Tes mots comme une lampe

Éclairent la nuit inquiète

Qui se demande en ces temps incertains

Ce que sera ce jour qui se lève

 

Je sais mon frère que ton corps

Te donne des signes incertains

Mais tu es pour moi un Sisyphe

Qui ose toujours remarcher

Dans la lumière

dimanche 8 février 2026

Ma vie comme une rivière

 

Je vis à quelques minutes de marche de ma rivière Chaudière. Depuis des décennies elle en a donné des sueurs froides à ses personnes résidentes limitrophes : débâcles, inondations, expropriations, dégâts multiples, etc. Même la vierge Marie n’a pu empêcher l’expropriation de nombreuses maisons totalement inondées et rendues inutilisables dans la belle ville de Sainte-Marie. Même le Tim Horton de Beauceville malgré son muret l’entourant a été victime de cette eau tumultueuse plusieurs fois. Plusieurs villes adjacentes y ont goûté également.

Quel lien le bipède que je suis fait avec ma rivière? Cette rivière décrit bien ce qu’est ma vie et probablement la vôtre. Pendant de longs moments on vit heureux et admiratif de notre vie. Tout va bien. On mange, on boit, on dort, on a une famille aimante, des amis, un travail. Bref tout roule sur les roulettes.

Mais certains jours la rivière de notre vie fait des siennes. Dans mon cas, ce fut à trente ans de ma vie une extirpation d’une vie illusoire inventée à partir d’un symbolisme religieux décadent qui perdure encore en ce siècle-ci. Après avoir ruminé et mâchouillé ma vie antérieure l’évidence m’éclata en pleine face. Il faillait m’extirper de cette illusion.

Je fondai une famille. Tout était mis en place pour une vie familiale heureuse : une épouse adorable, deux beaux garçons et une adorable fille. Mais la rivière me réservait une surprise, un obstacle, une déviation évidente. L’un de mes fils vit une déficience intellectuelle. Il ne fonctionne pas comme le commun des mortels que nous sommes. Il est différent tout simplement vivant sa quotidienneté selon ses propres barèmes, mais le système scolaire ne l’entendait pas ainsi. Il fallait qu’il se moule dans la soi-disant normalité. Alors le bipède que je suis étant moi-même enseignant a dû se battre contre mon propre système scolaire.

Ma rivière me réservait une autre surprise majeure : la perte de mon épouse adorée. Une mort rapide où je n’ai pu lui confier à l’oreille tout l’amour que j’avais pour elle, sauf lui réciter des poèmes alors qu’elle était dans le coma. J’ai dû me rendre à l’évidence que si j’étais encore en vie, mon odyssée terrestre n’était pas terminée et que j’avais encore quelque chose à vivre dans cette terrestre contrée.

Bref pourquoi toutes ces confidences? C’est que je dois comprendre que l’intégration, le passage d’une vie conformiste à une autre façon d’intégrer passe par ces différents chaos existentiels pour découvrir l’être véritable que je suis. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. C’est ce que je vis présentement alors que je suis l’aidant naturel de mon fils atteint d’un cancer.

lundi 2 février 2026

Voir sa réalité autrement

 

Je commence par une citation de Spinoza. «Ce n’est pas parce qu’une chose n’est pas acceptée par le plus grand nombre qu’elle n’en est pas moins vraie.» Je pense qu’on est rendu à un âge où il faut faire du ménage dans nos croyances. Je ne veux pas limiter ce ménage uniquement par rapport aux religions. Je fais référence à tout ce qu’on nous a mis dans la tête dès notre naissance.

 Je ne suis pas le seul à être témoin de ce qui se passe partout dans le monde. J’ai une amie qui en est vraiment perturbée. J’ai beau lui dire qu’elle n’a pas à se sentir obligée de vouloir sauver la planète. Personnellement je veux m’attarder à ce que je peux contrôler dans ma cour. J’en ai déjà plein les bras avec ce cheminement vers la conscience. Je suis actuellement le proche aidant de mon fils qui a le cancer. Je me dis que si l’octogénaire que je suis est encore en vie, c’est qu’il doit servir encore à quelque chose.

 On n’arrive pas à un certain degré de conscience sans un long cheminement. Ce fut mon cas. Dès ma naissance j’étais destiné à la prêtrise, désir ardent de ma mère. J’ai vécu huit ans dans une institution dont le but premier était de développer des vocations religieuses. Leur but fut atteint, car lors de ma prise de ruban il y a eu un jésuite (moi-même), un dominicain, un trappiste, des prêtres des missions étrangères et quelques futurs prêtres diocésains. La plupart n’ont pas donné suite à ces vocations.

 Nous sommes formatés par les valeurs collectives. L’individu prend pour acquis ce qui a été pensé par d’autres. Les grandes questions existentielles sont pour lui des mystères. Il ne sait pas d’où il vient, où il est et où il ira. Il considère la mort comme une finalité. Il s’est forgé des dieux pour expliquer l’inexplicable. Il s’attribue la pensée comme sienne. Il se pense maître de son destin alors qu’il est tout simplement manipulé.

 Pendant ces temps incertains que nous vivons, il est d’une extrême importance de développer une très grande centricité. Cela revient à développer une conscience critique pour ne pas se faire emberlificoter par qui ce soit. Je sais que c’est une solution facile de se réfugier, de se perdre dans le courant, dans la saveur actuelle qui nous évite de penser et de tout remettre en question.

 Je termine ce texte en nous disant de prendre conscience qu’il y a en chacun de nous cet esprit, cette lumière qui devrait nous aider à voir plus clair.