Je commence par une citation de Spinoza. «Ce
n’est pas parce qu’une chose n’est pas acceptée par le plus grand nombre qu’elle
n’en est pas moins vraie.» Je
pense qu’on est rendu à un âge où il faut faire du ménage dans nos croyances. Je
ne veux pas limiter ce ménage uniquement par rapport aux religions. Je
fais référence à tout ce qu’on nous a mis dans la tête dès notre naissance.
Je ne suis pas le seul à être
témoin de ce qui se passe partout dans le monde. J’ai une amie qui en est
vraiment perturbée. J’ai beau lui dire qu’elle n’a pas à se sentir obligée de
vouloir sauver la planète. Personnellement je veux m’attarder à ce que je peux
contrôler dans ma cour. J’en ai déjà plein les bras avec ce cheminement vers la
conscience. Je suis actuellement le proche aidant de mon fils qui a le cancer.
Je me dis que si l’octogénaire que je suis est encore en vie, c’est qu’il doit
servir encore à quelque chose.
On n’arrive pas à un certain degré de conscience sans un
long cheminement. Ce fut mon cas. Dès ma naissance j’étais destiné à la
prêtrise, désir ardent de ma mère. J’ai vécu huit ans dans une institution dont
le but premier était de développer des vocations religieuses. Leur but fut
atteint, car lors de ma prise de ruban il y a eu un jésuite (moi-même), un
dominicain, un trappiste, des prêtres des missions étrangères et quelques
futurs prêtres diocésains. La plupart n’ont pas donné suite à ces vocations.
Nous sommes formatés par les valeurs collectives. L’individu
prend pour acquis ce qui a été pensé par d’autres. Les grandes questions
existentielles sont pour lui des mystères. Il ne sait pas d’où il vient, où il
est et où il ira. Il considère la mort comme une finalité. Il s’est forgé des
dieux pour expliquer l’inexplicable. Il s’attribue la pensée comme sienne. Il
se pense maître de son destin alors qu’il est tout simplement manipulé.
Pendant ces temps
incertains que nous vivons, il est d’une extrême importance de développer une
très grande centricité. Cela revient à développer une conscience critique pour
ne pas se faire emberlificoter par qui ce soit. Je sais que c’est une solution
facile de se réfugier, de se perdre dans le courant, dans la saveur actuelle
qui nous évite de penser et de tout remettre en question.
Je termine ce texte
en nous disant de prendre conscience qu’il y a en chacun de nous cet esprit,
cette lumière qui devrait nous aider à voir plus clair.
J'aime bien la citation d'ouverture de Spinoza. Tu mets les pendules à l'heure : savoir penser par soi-même et non être la simple girouette du courant de pensées et de croyances dont on nous gaffe depuis notre naissance. C'est toujours un tonique pour le mental que de ter lire mon cher frère ! Bravossissimo !
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