lundi 2 février 2026

Voir sa réalité autrement

 

Je commence par une citation de Spinoza. «Ce n’est pas parce qu’une chose n’est pas acceptée par le plus grand nombre qu’elle n’en est pas moins vraie.» Je pense qu’on est rendu à un âge où il faut faire du ménage dans nos croyances. Je ne veux pas limiter ce ménage uniquement par rapport aux religions. Je fais référence à tout ce qu’on nous a mis dans la tête dès notre naissance.

 Je ne suis pas le seul à être témoin de ce qui se passe partout dans le monde. J’ai une amie qui en est vraiment perturbée. J’ai beau lui dire qu’elle n’a pas à se sentir obligée de vouloir sauver la planète. Personnellement je veux m’attarder à ce que je peux contrôler dans ma cour. J’en ai déjà plein les bras avec ce cheminement vers la conscience. Je suis actuellement le proche aidant de mon fils qui a le cancer. Je me dis que si l’octogénaire que je suis est encore en vie, c’est qu’il doit servir encore à quelque chose.

 On n’arrive pas à un certain degré de conscience sans un long cheminement. Ce fut mon cas. Dès ma naissance j’étais destiné à la prêtrise, désir ardent de ma mère. J’ai vécu huit ans dans une institution dont le but premier était de développer des vocations religieuses. Leur but fut atteint, car lors de ma prise de ruban il y a eu un jésuite (moi-même), un dominicain, un trappiste, des prêtres des missions étrangères et quelques futurs prêtres diocésains. La plupart n’ont pas donné suite à ces vocations.

 Nous sommes formatés par les valeurs collectives. L’individu prend pour acquis ce qui a été pensé par d’autres. Les grandes questions existentielles sont pour lui des mystères. Il ne sait pas d’où il vient, où il est et où il ira. Il considère la mort comme une finalité. Il s’est forgé des dieux pour expliquer l’inexplicable. Il s’attribue la pensée comme sienne. Il se pense maître de son destin alors qu’il est tout simplement manipulé.

 Pendant ces temps incertains que nous vivons, il est d’une extrême importance de développer une très grande centricité. Cela revient à développer une conscience critique pour ne pas se faire emberlificoter par qui ce soit. Je sais que c’est une solution facile de se réfugier, de se perdre dans le courant, dans la saveur actuelle qui nous évite de penser et de tout remettre en question.

 Je termine ce texte en nous disant de prendre conscience qu’il y a en chacun de nous cet esprit, cette lumière qui devrait nous aider à voir plus clair.

1 commentaire:

  1. J'aime bien la citation d'ouverture de Spinoza. Tu mets les pendules à l'heure : savoir penser par soi-même et non être la simple girouette du courant de pensées et de croyances dont on nous gaffe depuis notre naissance. C'est toujours un tonique pour le mental que de ter lire mon cher frère ! Bravossissimo !

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