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vendredi 21 mars 2025

Stabat Jacobus

 


Au pied de quelle croix

Devrais-je m’écraser ?

 

Cet Afrique asséché

Par tant d’indifférence

Internationale

Laissé en décrépitude

Comme son peuple agonisant

Troué par des clans tribaux

Opportunistes et sanguinaires

 

Cette Palestine

Qui revendique en vain

À devenir un État

Qui se fait voler

Son territoire

Par un voisin conquérant

 

Ces États-Unis aveuglés par la grandeur

Obsédés  par l’argent

Et par la domination

Imposant son ombre

Sur toute la planète

Convoitant plus de terres

Au nom de la grandeur

Et de l’irrespect

Où seuls les dollars comptent

 

L’européenne tourmentée

Pansant les cicatrices

D’un passé de guerres

Fratricides

Divisée et timorée

Nostalgique d’un passé

Colonial

Enlisée et endettée

Qui peine à s’en sortir

 

La mienne qui m’écrase

De plus en plus chaque jour

Me donnant des nuits

D’insomnie

Écrasé par l’impuissance

Ne voyant aucune

Résurrection possible

Trop profondément crucifié

Par les clous inhumains

Des êtres de mon deuxième

Millénaire

 

À quand une résurrection

Possible comme le Nazaréen

Où sur une haute montagne

Je pourrais me réfugier

Dans l’espérance

D’un monde sans guerre

Où la paix et le respect

Et l’amour

Seront au rendez-vous

jeudi 23 janvier 2025

La dernière nuit

 


Et si ce soir on dormait

Pour une dernière nuit

Dans cette maison

Qui restera dans nos souvenirs

Désormais

 

Comme le temps qui fuit

Impossible à rattraper

Et pourtant encore si près

Pour ces instants de bonheur

Embaumant tous les racoins

De notre future jadis maison

 

Et ce soir encore une dernière nuit

Plusieurs souvenirs dans nos rêves

Comment arriver à oublier

Ces accueils chaleureux

Ces rires qui résonneront

Dans nos têtes

Désormais

 

Un autre lieu nous attend

Comme c’est notre choix

Ce sera bon pour poursuivre

Notre aventure à redéfinir

Avec de nouveaux rendez-vous

Qui nous attendent

Désormais

 

Cette dernière nuit dans cette maison

Haut lieu de nos amours

Désormais tu seras pour toujours

Dans nos souvenirs

lundi 6 janvier 2025

Autour du chaos

 


Parfois le chaos est nécessaire

Pour que les aveugles puissent

Retrouver un semblant de lumière

Pour qu’ils constatent toute l’étendue

De leur aveuglement

 

J’ai le goût de faire l’éloge du choc

Ainsi en est-il dans nos vies

Oser dévier d’une route déjà tracée

S’extirper du confort ou de l’indifférence

 

Quand le ciel te tombe sur la tête

Tu as le choix de te réveiller

Ou t’écraser devant l’inévitable

Voir enfin l’impossible devenir possible

 

Quand la nappe phréatique ne te donnera plus

Son plus précieux liquide source de vie

Quand tes forêts poumons de ta planète

Seront des champs de pâturage ou de maïs

Tu viendras me parler du réchauffement climatique

  

Quand les grandes marées auront grugé

Tes beaux rivages sablonneux

Tu te demanderas où placer ton beau chalet

Tu réaliseras que tu ne peux rien

Devant la force des éléments

 

Quand tu iras déposer ton vote dans l’urne

Analyse bien le programme

De ton possible élu

Sinon tu auras quatre ans

Pour le regretter

 

Tu auras beau chialer et rouspéter

Commence à mettre de l’ordre

Dans ta propre vie de tous les jours

Tu comprendras qu’il y a le karma des peuples

Mais surtout que ta démarche vers la lumière

Une conscience individuelle plus éclairée

T’appartient totalement et n’attend surtout pas

Que les autres vont faire la job à ta place


 

vendredi 19 avril 2024

Ces herbes qu’on désherbe

 


Jadis à quatre pattes comme une bête

Dans ma platebande au ras du sol

J’arrachais les supposées mauvaises herbes

Que mes frères herbivores aimeraient

Tant savourer et tant déguster

 

Dans cette position à dimension animale

Mon esprit vagabonde et se questionne

Il me chuchote de critiques secrets

Ah si tu pouvais arracher ainsi

Ce qui ne va pas dans le vaste monde

 

Il vient me chercher le toubib

Il connaît mon point faible

A-t-il parcouru les sentiers

De Compostelle avec moi

En quête d’un sens à tout

 

C’est évident que je passerais

Mes jours et mes nuits à éradiquer

Le mal, la bêtise humaine, l’inconscience

Mais je préfère arracher mes supposées mauvaises herbes

Et mettre en valeur toutes ces autres belles fleurs


Mais je vois aujourd’hui les choses autrement

Les abeilles, les papillons, les taons me disent

Dans leur langage évidemment

Laisse-nous ce que tu veux arracher

Ta cour n’est pas un terrain de golf

 

Laisse-nous butiner sur tes pissenlits

Je vous ai entendus

Il en sera ainsi

Ma cour vous appartient aussi


mercredi 8 février 2023

La Poésie du quotidien

Par Philippe Rancourt


Douce routine

Tu me cajoles et tu m'étreins

Dans ma jolie cuisine

Je t'astique et t'époussète sans fin


Rangeant mon lave-vaisselle

Dans un calme olympien

Vais-je toucher à l'essence

De la poésie du quotidien


Tâche domestique

Je te révère et je te crains

Emprise maléfique

Ou transcendance du divin

Grain infinitésimal de poésie

Dans le sablier du quotidien


Costco et Home Dépôt

Visa, REER et CELI-machin

Allez-vous assouvir ma faim

Et étancher ma soif

Illuminerez-vous mon chemin

 

Avec une lampe à 59,99$

Peut-être bien


Déco intérieure et hockey du Canadien

Allez ! Unissez-vous !

Joignez vos forces !

Et révélez-moi l'essence

Le substrat poétique

Qui sous-tend mon quotidien

 

Je sens que mes efforts sont vains

Je désespère de te rencontrer

Déesse inaccessible

Poésie du quotidien

 


vendredi 26 décembre 2014

Apparence ou réalité

Il y a de ces jours où j’aimerais me réfugier dans le fond d’une caverne loin de tous les drames qui déchirent ma planète. Je me sens tellement impuissant, incapable d’agir sinon de laisser surgir en moi un cri de révolte. Que faire pour décolérer, pour apporter un peu plus de sérénité dans cet être meurtri?

J’ai beau chercher la vérité qui illumine mon existence, force est de constater que je vis dans un monde où la désinformation règne en maîtresse. Un bruit sourd se fait entendre constamment, le bruit des demi-vérités, des jugements hâtifs, des opinions non fondées, des murmures discordants des médias sociaux, etc.

Lors de mes études en philosophe dans une autre vie, j’ai toujours été fasciné par le fameux mythe de la caverne de Platon. Prisonniers dans une caverne, le seul contact avec l’extérieur était ces ombres que les hommes voyaient surgir sur les parois. Pour eux, tout ce qu’il voyait était la vérité. Ils ne connaissaient pas autre chose.

Dans ce monde d'aujourd’hui, ce que je vois et j’entends tous les jours est le pâle reflet de la réalité, j’en suis convaincu. La réverbération de toutes ces voix sur les parois de mon être m’éloigne très certainement de la réalité. Je me méfie des murmures et des bruits assourdissants qui ne font qu’amplifier le mensonge dans lequel mon humanité baigne.

Cela revient à dire que je suis laissé à moi-même dans ma propre quête. Je dois me taire et réfléchir. Chercher moi-même mes propres réponses au lieu d’être à la merci des propos loufoques d’un autre bipède sans plumes. Ce n’est pas dans le bourdonnement des tweets et des likes que je trouverai ma vérité.


Une petite voix s’éleva en moi pour me dire que je devrais me rappeler qu’il faut faire de l’exercice, bien manger, boire une petite coupe de vin rouge à l’occasion, chérir mes êtres chers. Je réalisai alors que le brou ha ha extérieur ne devrait pas venir ternir mon existence, que le plus important était de ne pas oublier d'arroser mes plantes et surtout de me souvenir que j’avais jadis épilogué sur la zénitude.