jeudi 30 octobre 2025

Un certain regard sur la femme par un homme

 


Entreprise très hasardeuse pour l’homme que je suis de m’aventurer sur ce terrain probablement miné. Je vois déjà les dames qui me lisent régulièrement esquisser un certain sourire sceptique. Que va-t-il écrire d’intelligent sur nous?

Dois-je rappeler que c’est une femme qui m’a mis au monde et qui m’a allaité. Déjà cela suscite chez moi toute une admiration d’autant plus que cette mère a répété ce geste avec dix autres enfants pendant qu’elle avait à gérer en même temps tous les travaux de la maison.

J’ai aussi comme expertise d’avoir observé pendant près de cinquante ans la femme que j’ai amenée dans ma vie. Il y a bien aussi ma fille, mes petites-filles, mes sœurs, mes tantes. Cela me donne une connaissance pratique et non théorique.

Quand j’observe une femme avec sincérité, je découvre un être qui échappe à toute possession. Elle n’appartient à personne sinon à elle-même, et c’est justement dans cette liberté qu’elle révèle son mystère.

Quand je vois ces femmes sur mon petit écran tellement souffrir d’injustices dans divers pays où elles tiennent le pays à bout de bras où on les prive du droit d’être tout simplement elles-mêmes, cela m’arrache le cœur. Femmes qui me lisez imaginez-vous à Gaza, à Kaboul ou en Iran avec ces Ayatollah.

La femme n’est pas l’ombre de l’homme, pas plus qu’elle n’est son adversaire. Elle est son égale en dignité, en puissance de vie, en capacité d’aimer et de transformer le monde. Quand je regarde la femme, j’apprends à me regarder moi-même autrement : avec humilité, avec respect, avec la conscience que la vie ne s’accomplit jamais sans l’autre.

Ainsi, ce regard que je pose n’est pas celui de la possession, mais celui de la gratitude. Gratitude envers celles qui tissent l’humanité dans l’ombre et la lumière, dans l’amour et la douleur, dans la dignité d’être femme.

Alors, face à la guerre, à la domination, à la violence, il reste à choisir ce regard. Celui qui dit non à la possession et au meurtre, et oui à la rencontre et à l’avenir.

samedi 25 octobre 2025

Réflexion sur le temps

 


Je ne sais pas si le fait qu’une autre année va s’ajouter à mon existence terrestre que je me suis réveillé en me posant cette question : Qu’est-ce que le temps? Cette alternance entre le jour et la nuit n’est-ce pas cela qui me fait mesurer le temps? Si je vivais dans les  pôles de mon globe est-ce que ma façon de voir le temps serait la même? J’en doute énormément.

Dans ma jeunesse où j’ai vécu ces huit années du  cours classique qu’il était long le temps pour arriver à la prise de ruban. Lors de ces vacances d’été je trouvais que le temps courait trop vite. Pourtant quand l’octogénaire que je suis regarde le temps écoulé il trouve qu’il fut très court.

Quand je visite ma nonagénaire de tante qui me parle à chaque fois qu’elle veut arrêter sa destinée terrestre et vouloir que son âme quitte son vieux corps, je me demande pourquoi cet empressement d’arrêter le temps qui égrène sa vie. Sera-t-elle plus heureuse hors de son corps matériel?

J’ai beau lui expliquer que dans son au-delà elle passera bien du temps à se remémorer le bon temps qu’elle a passé sur sa terre beauceronne. Pourquoi cet empressement puisque que c’est dans son corps matériel qu’elle pouvait vivre des expériences et meubler cette mémoire que son âme emportera dans son nouveau monde où il n’y aura plus la nuit et le jour pour le découper.

Longtemps, j’ai cru que le temps se mesurait en années, en événements, en réalisations. J’ai compté les jours, les saisons, les projets accomplis. Mais plus j’avance, plus je comprends qu’il se mesure autrement : en profondeur vécue, en paix intérieure, en gratitude.

Ce que je prenais jadis pour des pertes — la disparition d’êtres chers, l’effacement de certaines forces, la lenteur des gestes — devient aujourd’hui une autre forme de connaissance : celle de la finitude acceptée.

Boire un café chaud le matin, marcher lentement, observer un oiseau dans le jardin — tout cela prend une importance nouvelle, parce que je sais que rien n’est garanti, que tout est grâce si ce mot veut dire encore quelque chose aujourd’hui. Je termine en écrivant que vieillir, c’est entrer dans une autre qualité du temps.

Le site de mes écrits : jacques.rancourt.org

samedi 4 octobre 2025

M’as-tu oubliée?

 


Comment pourrais-je t’oublier chérie

Après cinquante ans de vie ensemble

Rien n’a tellement changé dans ta maison

Mais seulement ta présence me manque

 

Comme promis lors de ta fin de vie

Je veille sur les tiens et les miens

On n’oublie aucun de tes anniversaires

On t’imagine encore parmi nous

 

Et toi dans ton nouvel univers

As-tu retrouvé ta parenté

Est-ce que la terre te manque

Aimerais-tu retrouver ton corps

 

De ce côté-ci ce n’est pas drôle

Vraiment tout craque de partout

Le chemin devant semble tortueux

Aucune lumière au bout du tunnel

 

Les notes de mon piano me consolent

J’arrose tes fleurs

Surtout ta langue de feu

Que tu aimais tant