jeudi 1 novembre 2018

Il y a tant à faire

Je me suis réveillé en sursaut en cette matinée nuageuse d’automne. Me trottait dans la tête cette chanson de Daniel Bélanger : « Il y a tant à faire ». Je dois vous avouer très humblement que gérer le temps est l’épreuve de ma vie. Combien d’agendas envoyés à la poubelle au cours de ces 76 années de ma terrestre vie.

À la retraite, je croyais à tort pouvoir me débarrasser de cet intrus dans ma vie. Comble de malheur, je l’utilise plus que jamais même pour noter la plus stupide niaiserie comme placer la poubelle au chemin le mardi. Ces derniers temps, ma mémoire m’a fait vivre un malaise dont j’ai peine à me remettre. Voici. Par hasard, je croise à l’épicerie une ex-enseignante retraitée dont je n’ai pu reconnaître le visage. Pourtant au cours de ma carrière, je dois bien avoir été dans les mêmes lieux au moins pendant 15 ans.

Alors pendant que j’étendais l’engrais d’automne sur ma  pelouse, je me posais la question existentielle suivante : qu’est-ce que le temps? Inutile d’imaginer que nous pouvons arrêter le temps de fuir. Fuir, mais où? Inutile aussi de me rappeler que je vis dans un espace-temps. Je sais cela. Nous savons tous cela. C’est une évidence.

Pour un retraité, est-ce possible de prendre son temps? Oui, au début, on prend son café matinal sans se soucier du temps, mais vient un moment où le vertige nous atteint. Il faut agir, car il y a tant à faire. C’est une course contre la montre. Il ne faut plus perdre une minute de ce précieux temps.

Alors me revient dans la tête mon ver d’oreille à l’origine de ce propos.

Il y a tant à faire
Et ce n'est pas ridicule
C'est comme si c'était facile
S'immiscer dans la lumière
Une longue nuit... il y a tant à faire

Oui, le temps n’est plus au regret. Il faut me ressaisir

Me ressaisir en pensant au peu de temps qu’il me reste à vivre. Ah je vous entends me souffler à l’oreille que du temps j’en aurai abondamment quand je mettrai le pied dans l’éternité. Je serai probablement en dehors de nos paramètres terrestres d’espace-temps. Je serai dans une autre dimension ou peut-être tout simplement à nulle part. Alors il y aura peu à faire. Et ce n’est pas ridicule. Il me sera alors facile de m’immiscer dans la lumière ou dans des trous noirs où un long temps m’attend.

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