mercredi 2 juillet 2025

Romuald et son karma

 


Une religieuse lui doit son nom

Une sœur de son père consacrée

L’aîné d’une dizaine d’enfants

Avec un père invalide plus tard

 

Trop tôt dans sa jeune vie

Pour porter le fardeau des tâches

Lui qui aurait voulu un autre destin

Assuma trop tôt une lourde charge

 

Adieu une enfance insouciante

Où il aurait pu rêver de liberté

Mais non une seule loi l’attendait

Le travail harassant loin des jeux

 

Heureusement d’autres frères

Vinrent prêter main forte

Eux aussi avides d’un autre destin

Sans avoir le temps de rêver autrement

 

Et plus tard il fonda une famille

Et écoula des jours plus lumineux

Il quitta cette terre avant d’être

Octogénaire





dimanche 29 juin 2025

Il se prend pour qui

 


Je me suis réveillé avec cette question

J’ai du mal à comprendre comment

Un seul humain comme moi et tant d’autres

Peut se prendre pour le nombril du monde

 

Non je ne comprends pas qu’on puisse

Laisser ce bipède humain en apparence semer

Tant de chaos sur toute notre planète

Et pourquoi le pauvre du Dakota du Sud ou du Nord

Se bouche les oreilles et se ferme les deux yeux

 

Oui un humain comme moi et ces huit milliards

De personnes qui vivent sur notre planète

Qui partagent cette terre qui devrait vraiment

Appartenir à personne mais à toutes et à tous

 

Non je ne comprends que cet humain

Ne pense qu’à l’argent comme une drogue

Qui devrait apporter un total bonheur

Quitte à détruire à forer cette terre tremblante

 

Dites-moi quoi faire si vous pouvez

Je sais que vous en perdez le sommeil

Je sais une chose bien évidente

Nous sommes des humains des terriens

 

Notre terre ne devrait appartenir à personne

Que l’argent n’apporte pas le bonheur

Que les armes ne règlent rien à part

D’empiler des cadavres et de laisser

Des enfants orphelins et des veuves éplorées

 

Où trouverais-je la force de croire

À un avenir basé sur l’amour et l’empathie

À un gouvernement mondial de sages

Où la seule appartenance à la race humaine

Compte vraiment oui vraiment oui oui

jeudi 12 juin 2025

Souvenirs d'un père

 



Ma mémoire veut se souvenir de mon père

Je lui demande que de beaux souvenirs

Des souvenirs heureux de la jeunesse passée

Des moments de complicité filiale et familiale

 

Je demande à ma mémoire d’ignorer

Certains souvenirs que je veux oublier

Que des souvenirs heureux lui dis-je

Souvenirs où il galopait avec un rejeton sur les épaules

Souvenirs où il berçait ses deux cadets

Sur les accoudoirs d’une chaise berceuse

 

Des souvenirs de la conduite de sa Ford 1952

Des souvenirs où il venait quérir son fils pensionnaire

Des souvenirs de fierté à conduire son cheval noir

Des souvenirs de cueillette de sirop d’érable

 

Des souvenirs de chantier et de travail en forêt

Des souvenirs de travaux bien faits

Des souvenirs de veaux et de vaches laitières

Des souvenirs de jardins et de prairies vertes

 

Des souvenirs de tracteur gris ou rouge

Des souvenirs de grange et de poulailler

Des souvenirs de veillée avec Hector

Des souvenirs d’église et de chapelets

 

Ah paternel tu serais plus que centenaire aujourd’hui

Salue ta douce Florence où tu es

Deux de tes fils ne sont plus de ce monde

Ta sainte Francine t'a rejoint aussi

samedi 31 mai 2025

La grande illusion

 


Comment créer de la grandeur

Quand on voit les autres si petits

Sauf ces milliardaires

Sauf ces oligarques

 

Où est la grandeur

Quand tu sèmes le chaos

Que tu ne penses qu’à l’argent

Que tu laisses crever les pauvres

 

Comment redonner de la grandeur

Quand tu replis ton pays sur lui-même

Que tu te fais détester par la multitude

Que ton ego narcissique n’est jamais satisfait

 

Quelle grandeur que tout ce chaos

Que tu crées de toute pièce

À coup de décrets et de tweets

Saturés de mensonges et de désinformation

 

Qui soufflera un vent d’espoir

Quand le peuple sortira de son sommeil

Quand l’intelligence prévaudra

Une brise salutaire serait déjà beaucoup

 


vendredi 30 mai 2025

La conquête du moi

 


Toute une vie à conquérir ce moi

Ce moi qu’on pense connaître vraiment

Un peu comme une maison construite

Par d’autres au fil de toutes ces années

 

Marjo nous chante qui es-tu

Moi je me demande qui suis-je

Une illusion construite par ma société

Si cette fondation était un mensonge

 

Je connais bien ce moi corporel

Encore qu’il me cache ses secrets

Mais l’autre moi qui guide mes pas

Chaque jour, chaque année, chaque décennie

 

Ce véritable moi que mon corps abandonnera

Celui que je dois épousseter chaque jour

Sera-t-il fusionnel avec l’autre moi véritable

L’intemporel, l’éternel, bref le moi véritable


dimanche 18 mai 2025

L’ici-bas vu de très haut

 


Poète que fais-tu si haut dans l’espace

Je veux observer ce qui se passe ici-bas

Je vois une immense inquiétude gagnée ton être

Si tu étais à ma place tu serais épouvanté totalement

 

Pourtant on nous fait croire en la beauté de notre planète

Oui de là-haut je vois de la beauté à quelque part encore

Dis-moi si les forêts sont aussi verdoyantes comme avant

Non la biodiversité disparaît à vue d’œil tuée par la voracité

 

De là-haut les humains m’apparaissent comme des fourmis

Quelques fourmis s’accaparent tout et laissent des miettes

À celles qui sont à leur service les servant en esclaves

Ces fourmis voraces en veulent toujours plus jamais assez

 

De là-haut le poète vit la sécheresse et la nappe phréatique à sec

Il vit la richesse des oligarques et des milliardaires insatisfaits

Il vit que l’argent est l’élixir qui rend fou ces êtres inconscients

Cette planète à la merci de ces êtres voraces et inconscients

 

Toi l’humain endormi réveille-toi et donne-toi du courage

Ne laisse pas ces imbéciles saccager ta planète souffrante

dimanche 11 mai 2025

Souvenirs d’une mère

 



Quand je pense à notre mère

Cette Florence toujours souriante

Qui nous dorlotait du matin au soir

Qui aimait d’un inconditionnel amour

Toute sa nombreuse et turbulente tribu

 Qu’elle avait enfantée au fil des ans

 

Que des heures de travail et de tendresse

Que de souffrances camouflées

Que de va-et-vient imposés à ses pauvres jambes

Pleines de varices et de callosités

 

Notre mère Florence joyeuse et espiègle

Qui savait trouver le rose où le noir gisait

Qui faisait la sourde oreille à l’ingratitude

Qui jamais ne se lamentait sur son sort


Notre mère que la vie a mise à rude épreuve

Notre indispensable mère irremplaçable

Tu nous manques cruellement

Tu vis dans nos souvenirs

Jamais nous ne t’oublierons

Non jamais

Jamais